ABOUT
Claire Deniau lives and works in Paris and Hong Kong. She graduated from Central Saint Martins (London, UK) with a MA & BA in Fine Art. Her work is part of the Tate, Victoria and Albert Museum and FRAC Paca collections.

Painting is at the heart of Claire Deniau’s body of work - a painting between language and materiality where sensitive intuition and conceptual approach balance each other out in a playful poetry. The unspeakable image presence in which a written trace can be guessed, the attempt to dialogue, to exchange, can only call out to the visitor, even compelling the gaze.
The artist has carefully developed her own technique: the handling of the canvas allows an interplay of textures, which often replaces the brushwork.
The superimposing and erasing of words, evanescent strokes and layers, cracks, scraped impasto, colour experimentation, everything is done to create this particular space between the visible and the invisible. A space in which these potentialities are explored, like so many propositions held out to the viewer’s imagination.
For Claire Deniau, painting with oils is an act of resistance that imposes its own temporality. The drying time offers the artist a space for reflection almost nonexistent in a world obsessed with instant results. This time away from the canvas allows the artist to extend her work across other media: the artist’s book, video, printmaking, installation, digital image and drawing.


SOLO SHOWS
2014
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Ricochets, Galerie Emeric Hahn, Paris
Un pas de côté, Galerie Mondapart, Boulogne
2009/10 Entre-deux, Musée Fragonard, Maisons-Alfort
2004 Réminiscences, Cité Internationale, Maison d'Italie, Paris

GROUP SHOWS
2014 Berliner Liste 2014, Berlin
The London Art Book Fair, Whitechapel Gallery, London 
20 ans IESA Multimédia, Espace Cardin, Paris
Book Act, 17th International Contemporary Artists' Book Fair at The Tetley, Leeds
2013
Multiplied 2013, Christie’s, London
Publish And Be Damned, ICA, London
2012
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Surfaces: Works on Paper, Spu+Nik gallery, Porto, Portugal
At Play 2012, New Ashgate Gallery, Farnham, UK
Remarkable Place, The Keep, Reading
International Leeds Artists' Book Fair, The Parkinson Court, Leeds
2011 Project 101, The Lab Gallery - New York
The London Art Book Fair, Whitechapel Gallery - London
At Play 3, South Hill Park Art Centre - Bracknell
101, Wild Pansy Press Project Space - Leeds
14th International Leeds Artists' Book Fair, The Parkinson Court, Leeds
2010 Visions in the Nunnery, The Nunnery Gallery - London
The London Art Book Fair, Whitechapel Gallery - London
13th International Leeds Artists' Book Fair, The Parkinson Court, Leeds
The Anthea Turner Prize - London
2009 The NY Art Book Fair, P.S.1 Contemporary Art Center, New York
AM Bruno Artist Books, Bookartbookshop, London
Bristol Artist bookfair, Arnolfini Gallery, Bristol
12th International Leeds Artists' Book Fair, The Parkinson Court, Leeds
2008 Manchester Artist Book Fair, Manchester School of Art, Manchester
Liverpool Artist Book Fair, Liverpool Independent Biennale – Liverpool
2007 MA Fine Art Degree Show, Central St Martins College of Art and Design, London
II.472, The Bargehouse, London
2006 Identikit, Temporarycontemporary, London
Works on Paper, Flux Factory, New York
Another Product, Cornerhouse, Manchester
2005 Contact, Espace Lhomond, Paris
Sedicious Delicious : a ‘Taste of Art’, Crawford Arts Centre, St Andrews
Project 142, London Fraenkelstein Salon, London
2004 BA Fine Art Degree Show, Central St Martins, London
Food, Glorious Food, Visual Art Centre, Scunthorpe, North Lincolnshire
2003 Obsessions, Five Princelet Street, London
Mutiny, The Bargehouse, London
2002 Bite, The Menier Gallery, London
Hunting Art Prize, Royal College of Art, London
2000 Continuing Studies Summer Show, Chelsea College of Art & Design, London



WRITINGS


By Hélène Meisel
Dans le cadre de Ligament1, intervention d’art contemporain au Musée Fragonard, Claire Deniau repense sa peinture en fonction d’un contexte muséal très particulier : une collection zoologique et anatomique surprenante, comprenant autant des « objets naturels », squelettes d’animaux et spécimens en bocaux, que des « objets manufacturés », moulages et modèles peints. Les écorchés réalisés par Honoré Fragonard dans la seconde moitié du XVIIIe siècle déconcertent par un curieux mélange : entre naturel et artificiel, de vrais corps se dévoilent « tout entiers, et tout nus », désincarnés au sens propre, mais dans des mises en scène théâtrales qui dépassent la pure sobriété pédagogique. Placés dans des postures dynamiques de danseurs, de cavaliers ou de combattants, ils prétendent à des attitudes vivantes. Yeux de porcelaine et mâchoires souriantes sont même censés leur rendre visage humain.

Il y a donc chez les écorchés, figés dans un «entre-deux» entre la vie et la mort, un paradoxe profond, encore plus déconcertant chez le groupe des foetus dansant la gigue. Curieux entrain pour des enfants morts-nés, immortalisés dans un mouvement qu’ils n’ont jamais connu, proche des danses macabres du Moyen-â ge. Pour pouvoir supporter leur présence morbide, l’artiste a dû apprivoiser son regard, ne pouvant se résoudre à les représenter de manière scientifique et clinique. Leurs titres, Figure de fantaisie (6 et 7), renvoient à un exercice du XVIIIe siècle lors duquel le peintre restituait une attitude par la mémoire ou par l’imagination. Chez Claire Deniau, la distanciation passe également par le souvenir du peintre Jean-Honoré Fragonard, célèbre cousin de l’anatomiste, à qui elle emprunte la palette fougueuse et la touche apparente. Plusieurs étapes ont permis à l’artiste de figurer les écorchés. Les touches isolées sur papier (5) ou sur médaillon de plexiglas (4) sont les impulsions premières de la peinture comme trace vivante,trace de vie. Elles incarnent la matérialité, l’épaisseur et la fusion des couleurs. Les différentes toiles intitulées Avec Indécision (1, 2, 3 et 8) induisent ensuite un principe de recouvrement et de profondeur : fondues dans des brumes impressionnistes, leurs images se devinent dans le temps, par le mouvement d’une focalisation hésitante. Ces recherches ont abouti dans Figure de fantaisie à l’adoucissement du visage et du corps, d’abord traités par touches franches vivement colorées, puis partiellement recouverts d’un voile translucide de peinture vaporeuse. Ainsi, sur chaque toile, coexiste une double focale, mécanisme du désir comparable au réflexe enfantin de se cacher les yeux en regardant à travers ses mains : vouloir voir tout en ménageant son effroi, en voilant, aux sens propres et figurés, la vision.

By Cécile Dufay
La peinture est-elle la forme solide du regard ?
Est-elle ce qui voit pour nous autant que ce que nous voyons ?

Est-elle un signe, une écriture ? Peut-on l'analyser, la décortiquer, la disséquer sans la perdre de vue ? Finalement, est-elle un mystère, a-t-elle une vie propre, indépendante, laisse-t-elle elle aussi une "trace" de son existence ?

La Galerie Mondapart de ma consœur Isabelle Lefort m'ouvre ses portes, pour de régulières escapades au cours de l'année, sous forme d'expositions flash entre deux expositions longues : un pas de côté.
Après trois années d'éclipse du monde de l'art, entrecoupée d'incursions dans les ateliers, j'ai choisi de partager ces interrogations de Claire Deniau, peintre mature diplômée de la très branchée St Martins, présente dans les collections permanentes de la Tate Gallery, comme une pause qu'on s'offre dans le fracas du monde. Ces questionnements ne sont pas rasoirs, chez Claire Deniau ils deviennent beaux.

Connaissez-vous beaucoup de peintres qui cherchent à graver la trace d'un détail de leur peinture ? Qui veulent percer le mystère des Maîtres, non pas dans la composition et la vue d'ensemble, la compréhension de son Grand Œuvre, mais dans l'infiniment petit de sa touche, au point de passer des années à étudier et réinterpréter des détails de Fragonard ? Ou encore au point de réduire les grands monstres sacrés à trois couleurs, comme on réduit une équation ? Qui pensent qu'il est important de présenter le fond, le pauvre, celui qui est toujours caché derrière, devant ? Qui tentent de faire le dessin de la forme volatile de la pensée comme on composerait une toile ?

Claire essaie, tente, reprend. Passe du très propre et net, avec des mots très clairs, au très fouillé, compliqué, inexpliqué, sans plus d'écriture possible, mais avec combien d'instants de grâce.

Sa quête est sans fin et elle le sait. Mais elle continue, pour la beauté du geste.
Percer le mystère, vivre, peindre. Finalement, contempler. Parce qu'il n'y a peut-être rien à comprendre. Homérique et humble à la fois. Comme nos rêves.